La mise en Charge Immédiate
Il faut distinguer 2 situations : l’implant unitaire et les implants multiples.

Commençons par analyser cette dernière situation.

Mise en charge immédiate de plusieurs implants

Plusieurs implants sont posés et le protocole consiste à terminer le traitement en solidarisant ces implants à la prothèse le jour même ou dans les 3-4 jours suivants.

La prothèse peut être amovible ou fixe.

Dans le cas d’une prothèse amovible, 4-6 implants (suivant la taille du maxillaire, la hauteur et la densité osseuse) sont posés puis sont porteurs d’une supra structure permettant la rétention de cette prothèse.
Il peut s’agir d’une barre de contention par lesquels les implants sont reliés.
Les implants peuvent également être porteurs d’un pilier supportant une coiffe télescopique. Dans ce cas, ils ne sont pas reliés mais c’est la prothèse qui joue le rôle de solidarisation des implants.

Dans le cas d’une prothèse fixée, celle-ci est trans vissée sur les implants. Il s’agit donc d’un bridge comportant une armature métallique sur laquelle la fausse gencive et les dents sont réalisées. A l’issue de la pose des implants, une empreinte de ces derniers est réalisée et transmise au laboratoire de prothèse.

 

Mise en charge immédiate d’un implant unitaire.

La mise en charge immédiate d’un implant unitaire, et donc isolé, suppose qu’une dent provisoire en résine soit confectionnée, sitôt l’implant posé.

Pourquoi mettre en charge immédiate ?

Un des principaux critères de succès de l’implantologie orale moderne consiste à isoler l’implant de toute contrainte mécanique pendant la période lors de laquelle l’os et le Titane vont réaliser leur jonction biologique.
Pendant cette phase critique, aucune charge ne doit s’exercer à l’interface os-titane.
Demanderait-on à quelqu’un s’étant récemment cassé le bras, de porter sa valise ?
Alors pourquoi chercher les complications ?

La mise en charge précoce d’un groupe d’implants disposés en avant de la mâchoire inférieure, os de très grande densité, et supportant un bridge trans vissée est un protocole ayant fait l’objet de multiples évaluations scientifiques, et ce depuis plus de 10 ans. Le taux de survie des implants dentaires est de 88 à 100%, après 5 ans, suivant les auteurs.
Dans le même contexte, s’il s’agit d’une prothèse amovible ancrée sur des implants, les taux de survie sont de 96 à 100 % suivant les auteurs.

Au Maxillaire supérieur, les choses se compliquent singulièrement. Cet os est moins dense et il présente de nombreuses cavités (fosses nasales, sinus) réduisant globalement sa masse exploitable.
Cependant, la MCI d’un bridge implanto-porté complet au Maxillaire entier a été évalué par plusieurs auteurs présentant des taux de survie de 92 à 100 % après 5 ans.

Bien sûr, un ensemble de critères doit être réuni afin d’obtenir le meilleur résultat possible : densité osseuse, nombre, longueur état de surface rugueux et diamètre des implants, rigidité de la liaison entre implants : autant d’éléments permettant de mettre les implants à l’abri de ces micro-mouvements si nocifs à leur survie, pendant les 10 premières semaines de cicatrisation.

A la lecture des résultats à long terme, on comprend bien que la solidarisation rigide et rapide de plusieurs implants ne nuit pas à leur survie. Si un implant peut être perdu, la reconstruction prothétique, elle ne sera pas remise en cause. Ces protocoles font aujourd’hui partie des données acquises de la Science.

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