Ebook: l’histoire se répète-t-elle?
Tout le monde a en mémoire l’arrivée fracassante d’un logiciel gratuit de quelques méga-octets portant le doux nom de Napster. Avec d’une part l’envolée des téléchargements du soft lui même puis son appropriation par la communauté du partage, l’industrie du disque a été mise à genoux et forcée de se réinventer. Après les mp3 ce sont, pénétration de l’adsl aidant, des films qui ont fait leur arrivée sur le célèbre logiciel de peer-to-peer. De fait, l’industrie du cinéma s’est retrouvée confrontée au même défi : trouver un nouveau modèle.

Plutôt que de repenser leur modèle respectif, ces industries se sont focalisées sur le « piratage ». Procès, fermetures de sites, tracking des téléchargements, investissements pour protéger au mieux les CD, puis les DVD, répression à tout va etc. Les « pirates », c'est-à-dire monsieur Dupond, responsable comptable et Melle Legrand étudiante à la fac sont donc les principaux responsables de l’effondrement de ces industries. Et pourtant de nombreuses études ont démontré que le « piratage » n’y était pour rien, qu’il s’agissait simplement d’un décalage trop important entre la demande et l’offre qui poussait les consommateurs à passer du côté obscur.

L’arrivée de l’ebook donne un air de déjà-vu  et bien qu’il n’y ait pas eu d’acharnement juridique à ce stade, le principal risque identifié reste encore et toujours le vilain pirate. Alors on tergiverse à tous les niveaux, si bien qu’il n’existe pas d’offre véritable à ce jour et que les consommateurs attendent une proposition en adéquation avec leurs attentes tant sur les DRM que sur les prix.

L’ebook gratuit et libre de droit constitue une bonne consolation en attendant de voir l’offre payante se développer. D’autant plus qu’aucune limitation ne leur est imposée.